Les vins du château

Domaine de la Solitude
Vin de Graves
Appellation Pessac-Léognan

En chiffres

Surface : 32 Ha

Geologie : Sable, Graves, Argile

Encépagement : le rouge : 60 % Cabernet Sauvigon, 30 % Merlot, 5 % Cabernet Franc, 5 % Petit Verdot. Le blanc : 60 % Sauvignon et 40 % Sémillon

Elevage : pour le blanc : de 9 à 10 mois en fûts.

Le clair obscur des archives ne permet pas de situer avec netteté l’origine du Domaine de La Solitude. Pas plus qu’il n’est possible de dater avec précision le début de sa vocation viticole, même s’il est légitime de penser qu’elle se confond avec la très ancienne émergence du vignoble dans la partie nord des Graves. Le seul point d’ancrage historique tangible réside dans la présence, en bordure des bâtiments d’exploitation, d’un corps de logis de style classique, baptisé “l’Ermitage”, dont il est acquis qu’il fut un rendez-vous de chasse de Montesquieu.
En réalité, ce n’est guère qu’à partir du XIXe siècle et de l’implantation de la communauté de la SainteFamille à La Solitude que l’on possède une historiographie explicite du Domaine. En fondant l’Association de la Sainte Famille, en 1820, le prêtre bordelais Pierre Bienvenu Noailles s’inspire du modèle des premières communautés chrétiennes qui regroupaient des hommes et des femmes de toutes conditions, pour concevoir une assemblée de chrétiens – laïcs, religieux, prêtres – offrant au monde le témoignage d’unité d’une vaste communauté évangélique, dans le respect de la diversité des vocations et des engagements. Sous le haut patronage de la Sainte famille, qui constitue la référence spirituelle et la source d’inspiration de son fondateur, l’Association regroupe ainsi des sœurs apostoliques, des sœurs contemplatives, des membres de l’Institut séculier, des laïcs, des prêtres associés.

Le contrat qui unit la communauté de la Sainte Famille et la terre de Graves remonte à 1831. Les premiers disciples de Pierre Bienvenu Noailles – trois femmes dont sa propre sœur – s’installent alors dans l’Ermitage et partagent leur temps entre les travaux des champs et la direction d’un orphelinat. Aujourd’hui, l’Association de la Sainte Famille, qui a essaimé dans le monde entier, compte quelque trois mille membres.

Concurrencé par les cultures vivrières avec lesquelles il cohabitait, malmené par la succession de crises et de guerres qui ont émaillé la seconde partie du XIXesiècle et la première partie du XXe, le vignoble de La Solitude a longtemps hésité à donner sa véritable mesure.

Ce n’est qu’avec la vague porteuse des années 70 que les sœurs, conscientes de la nécessité de valoriser leur capital viticole – finalité peu compatible avec leur vie contemplative – vont en abandonner la gestion et la confier à des intervenants extérieurs.
Cette décision portera ses fruits et l’image du vignoble de La Solitude, jusqu’alors à peu près inexistante, intégrera peu à peu le concert de la production des Graves du Nord.

Reste que, faute d’un grand dessein qui aurait permis d’opérer les investissements nécessaires, le Domaine tarde à trouver sa voie. On conserve notamment des pratiques culturales incompatibles avec la recherche de la qualité optimale (désherbage, vendanges à la machine…). Au résultat, dans les années 80, La Solitude, dont la signature s’est indéniablement améliorée, produit des vins de facture honorable, mais d’expression relativement simple et variétale.

En 1993, quelques mois après avoir été sollicité par les sœurs de la Sainte Famille, Olivier Bernard, qui administre le Domaine de Chevalier depuis 1983, accepte de prendre en fermage le domaine viticole de La Solitude pour une période de 40 ans.

Site internet : http://www.domainedelasolitude.com